Parti I : Bronx, 12 janvier 2005.
Une petite tête brune pointe le bout de son nez, l’être minuscule essai de se faufiler, en faisant le moins de bruit, ne voulant pas réveiller son « père » de sa sieste d'après cuite. Arrivée à destination tout en retenant son souffle la jeune fille lève le bras pour atteindre la poignée de porte. Un clic retentit quand elle abaisse la poignée, elle regarde en direction de la larve avachie sur le canapé afin de vérifier que le bruit ne la pas réveillé. Voyant que celui-ci est toujours dans un état végétatif, elle sourit, ouvre la porte et se précipite à l'extérieur.
Une joie l'envahit, elle rêve depuis des semaines de ce moment. Ce moment où elle va enfin pouvoir jouer dans la neige à l'air libre ! Descendant les escaliers délabrés comme une furie, la gamine ne peut retenir toute son excitation. La porte de sortie se trouve droit devant elle. La pureté de l'air frais commence à se faire sentir. La lumière derrière cette porte décomposée par le temps est d'une immense beauté pour elle, sachant qu'elle n'est pas sortie de sa minuscule chambre depuis des jours. Son soi-disant père ne l'a laisse pas sortir de sa chambre, elle n'en sort que pour ces besoins les plus simples. Elle ne comprend pas pourquoi elle ne peut pas sortir, aller à l’école comme tout les enfants de son age, mais elle sait au fond d'elle que ce n'est pas une vie normale.
Elle tend la main afin d'attrapper la poignée, mais à seulement quelques centimètres de la liberté elle se sent partir en arrière. Une force l'a agrippé le col et la fit tomber par terre, en levant la tête la petite fille ne pu contenir ces larmes en voyant son assaillant.
- Tu pensais aller où comme ça ? Qui t'a permit de sortir de ta chambre. ?! Rugit la voix de son beau-père.
- Je voulais juste prendre l'air, jouer dans la neige comme tout les enfants de mon age... chuchote la brunette.
L'homme d'une quarantaine d'année commence à rire comme un dément. Tout en l’entraînant dans les escaliers, il la sermonne, lui donne quelques coups, la rabaisse en la traitant de tout les noms. Arrivés dans l’appartement qu'elle partage avec son bourreau, elle fut jeter dans sa « cellule ».
- Je ne veux pas que tu sortes ! Cri – t -il en se munissant de sa ceinture.
- Je suis désolée je ne le ferai plus promis... Ne me fait pas de mal... Je serai sage...Je... Implore l'enfant de 8 ans...
- La ferme ! Ta chienne de mère m'a laissé tomber ! En me laissant sa petite gamine dans les pattes ! Alors tu as bien intérêt à m’obéir si tu ne veux pas finir à faire le trottoir comme elle dans la rue ! Hurle –t- il en commencent ses coups de fouet.
Le corps fragile de Rosalie s'effondre. Elle prie pour que ça s’arrête, mais les coups pleuvent encore et encore et cela pendant plusieurs minutes. A la fin de cette torture, roulée en boule dans un coin de la chambre elle entend son bourreau lui dire :
- La prochaine fois que tu désobéis je ne serai pas aussi clément.Elle attend que la porte se ferme pour pouvoir éclater en sanglots. Elle se faufile sous la couette pour trouver un certain réconfort. Elle a l'habitude de ces accès de violences mais à chaque attaques son mental se brise un peu plus. Sa petite main se faufile sous son coussin afin d’attraper le livre qu'elle cache. Elle commence à feuilleter son bouquin afin de calmer sa peine. Ce petit recueil retrace de nombreux écrits sur les êtres mythologiques, surnaturelles.... C'était sa mère qui lui avait offert avant de partir, quand elle commence à lire une bulle de protection invisible se forme autour d'elle, elle se sent apaisée... elle oublie tout ces problèmes quotidiens.
Parti II : Bronx, 15 mars 2006.
Le nez dans son livre depuis plusieurs heures, la jeune fille n'a pas vu la journée passé. Son instant de calme se brise quand elle entend son paternel de substitution entrer.
- Hey la gamine ! J'ai faim !Elle souffle un grand coup en sortant de son lit. En entrant dans le salon elle eu un relent, l'odeur de la cigarette mélangée à celle de l'alcool lui retourne l'estomac. Elle se dirige en silence vers la kitchenette pour voir ce qu'elle peut cuisiner pour ce soir. En voyant que tout les placards sont vides elle se retourne vers son « père » pour lui dire de sa petite voix :
- Il ne reste plus rien...L'homme tout en étant avachi dans le canapé, fixe l'écran qu'il a devant lui. D'un air lasse il lui lance une liasse de billets.
- Va à l'épicerie et ramène moi des trucs à manger ! Vite !Malgré elle, la jeune fille sursaute à son dernier cri. Contente de pouvoir enfin prendre l'air, elle se dirige vers la sortie sans penser à se couvrir. Arrivée dans la rue, elle prit une grande bouffée d'air, elle sautille presque vers l'épicerie qui se trouve en bas de chez elle. En entrant dans le magasin elle s'atèle à trouver quelques petits trucs à grignoter. Elle observe les lieux, ils sont trois dans le minuscule magasin, le caissier, un homme d'une vingtaines d'années et elle. L'homme qui lui paraît mystérieux est grand, son corps est caché sous un gros blouson en cuir. Tout en faisant ses courses elle ne peut s’empêcher de l'observe, cet inconnu l'intrigue... Elle le voit se diriger vers la caisse pour payer ses achats. Elle se mit derrière lui afin de régler ses courses à la suite, sentant un regard sur elle, celle-ci lève la tête et croise le regard du jeune homme, il lui lance un petit sourire. Ce geste lui fait baisser la tête instinctivement, cet homme l'impressionne... Un bruit lui l'interpelle, un adolescent dont le visage est dissimulé entre en trombe dans la boutique en brandissant une arme.
- Tout le monde à terre ! Toi ! Vide la caisse ! Hurle-t-il en pointant son arme vers le caissier sans défense.Prise de peur Rosalie se met à genou en baissant la tête. Elle sent que quelqu'un s'est mis devant elle, l'homme dont l'aura l'intriguait, s'est positionné en mode défense devant la jeune fille. Elle ne peut s’empêcher de trembler sous la peur... Elle remarque que l'homme au blouson de cuir se lève :
- Baisse ton arme et pars... Je te le conseils... Dit-il d'une voix menaçante.Profitant de cet échange le caissier brandit une batte de base-ball... Manque de chance, l'adolescent étant surpris par ce geste vise et tire. Sous le cri de l'enfant le vieux caissier s'effondre. Le jeune homme ne tarde pas à lui prendre son arme, avec une force inexplicable il brise le pistolet en deux et s'avance d'un air animal vers son agresseur.
- Je t'avais prévenu !La jeune fille qui s'est caché derrière un rayon observe la scène devant elle. Elle voit les yeux de son protecteur s'illuminer d'un bleu intense, son visage se déforme pour se transformer en une bête... Elle écarquille les yeux, se cache encore plus derrière le rayon confiserie et voit l'homme balancer l'adolescent à travers la vitre. La bête ayant sentie sa présence se retourne vers l'enfant. Bizarrement celle-ci ne bouge pas, elle attend que celui-ci arrive devant elle.
- Hey... Tu vas bien ? Demande-t-il d'un air rassurant.Il a retrouvé son visage humain, il lui tend sa main pour la relever. Elle n'a pas peur de lui, elle prends sa main sans hésiter...
- Tu as vu... Enfin je veux dire tu m'as vu me transformer ?Elle hoche la tête timidement, ils ne cessent de se fixer. Tout d'un coup le jeune homme frotte sa tête nerveusement.
- Je suis dans la merde... Pourquoi je ne peux pas me contrôler... Elle a vu que j’étais....La petite ne lui laisse pas finir sa phrase et lui dit :
- Un loup-garou... Vous êtes un loup-garou..Le dit loup-garou recule sous la stupeur :
- Comment tu sais ?! Enfin je veux dire tu n'es qu'une gamine...La petite fille lui sourit et s'avance vers lui en lui chuchotant :
- Je l'ai lu dans mes livres... Je connais tout de vous ! Je ne dirais rien à personne promis !Le jeune homme sourit face à l'audace de la gamine, il lui frotte la tête affectueusement. Le bruit des sirènes brise leur conversation. Le jeune homme soupire :
- Je viens juste d’emménagé dans le quartier et j'ai déjà affaire à la police.. Quel plaie !La brunette tout en sautillant lui prends la main et lui criant :
- J'habite moi aussi ici ! On pourra se revoir hein ?!
- Toi tu n'es pas une gamine comme les autres... Comment tu t’appelles ?
Rosalie et toi monsieur le loup ?
- Évites de m'appeler comme ça... Tu n'as cas m'appeler Sam..- Sam... Hum ça ne fait pas très loup-garou... répondit-elle en faisant la moue.
- Et bien tu t'y feras ! Répondit-il en rigolant.
Ce fut le premier contact surnaturel que Rosalie eu avec un être surnaturel, cette nuit changea sa vie à tout jamais.
Parti III : Bronx, 22 mars 2006
Il s'est écoulé une semaine depuis que Rosalie a rencontré son loup-garou. Ils se sont croisés quelques fois dans les couloirs car ils habitent dans le même immeuble. Elle profite souvent de l'absence de son père pour pouvoir discuter avec le jeune homme dans les escaliers. Un soir pendant une discussion sur l'espèce du loup, celui-ci remarque des cicatrices sur le bras de la jeune fille. En fronçant les sourcils, il lui prit le bras pour mieux voir ces hématomes :
- Qui t'a fait ça ? C'est ton père ?La jeune fille baisse les yeux et retire son bras, en bégayant :
- Non je..
- Ne me mens pas ! Tu sais, je n'ai pas besoin d'avoir une ouïe de loup-garou pour l'entendre te crier dessus ! S'exclame l'homme aux yeux bleus en serrant le poing.
L'enfant se lève, regarde une dernière fois son nouvel ami et monte à son appartement. Alors qu'elle commence à fermer la porte elle entend son loup lui dire :
- La prochaine fois que je l'entends te crier de dessus et te frapper, je ne me retiendrai pas Rosa !Elle ferme la porte en lâchant une larme. Elle ne veut pas que son ami se mette dans une mauvaise position à cause d'elle... En soupirant elle retourne dans sa chambre pour bouquiner le nouveau livre que Sam lui a acheté sur les démons japonais. Alors que celle-ci arrive à la page des kitsunes elle sursaute en entendant la porte claquer.
- Fais chier !! J'ai tout perdu !!Elle entend son père tituber vers sa chambre, ce qui la fait éteindre la lumière. Elle fait semblant de dormir, l'homme entre dans la chambre en brandissant sa bouteille de whisky.
- Petite chienne !! Réveilles toi ! J'ai besoin de me défouler...
En entendant cela l'enfant sort de son lit pour se précipiter vers le salon. Mais elle se fait agripper par les cheveux et jeter par terre. L'homme la surplombe de son poids en lui maintenant les mains au sol. Elle essaie de se débattre mais celui a plus de 80 kilos qu'elle.. Elle commence à pleurer et à crier...
- Toi et ta pute de mère m’avez donné beaucoup trop de problèmes ! Elle est partie avec tout mon fric ! Alors c'est toi qui va déguster à sa place !
- S'il te plaît, lâche moi... supplie la petite fille.
Alors qu'il commence à détacher sa ceinture la porte de leur appartement s'ouvre dans un craquement. Elle voit son père voler à travers la chambre. En se relevant elle remarque une silhouette menaçante dans l'ombre. Elle le reconnaît instantanément.
- Sam ! S'il te plaît calme toi...Sans s'en rendre compte la jeune fille tremble... Elle sent que la bête qu'elle a devant elle perd le contrôle. Il lui répond par un grognement, elle tombe à terre face à son air menaçant. La bête se retourne vers son père et commence à le griffer, le mordre... En quelques minutes le corps de celui-ci est déchiqueté en milles morceaux. Le sang tapisse la chambre... Elle ne peut pas bouger, elle est terrorisée par la peur... Elle voit le loup se diriger vers elle. Même si la peur la paralyse elle arrive quand même a articuler quelques mots grâce à sa voix d'enfant.
- Sam, ne me fais pas de mal... Je sais que tu n'es pas méchant... Je t'en pris redeviens mon ami...En entendant cela le jeune homme reprit forme humaine. Il s'approche tout doucement de l'enfant en tendant sa main vers elle.
- Je suis désolée, j'ai perdu le contrôle... Je...Il a l'air désorienté, il commence à arpenter la chambre en chuchotant des mots incompréhensibles. Il s’arrête tout un coup en se tournant vers Rosalie.
- Il faut que je partes... J'ai fait trop de dégâts... Les chasseurs vont me retrouver...
- Non, ne me laisse pas ! S'il te plaît ! Le jeune homme se baisse à la hauteur de la jeune fille.
- Tu ne peux pas venir avec moi Rosa... C'est trop dangereux... Je suis trop dangereux...Elle se mit à le frapper de toute ses forces en criant et en pleurant.
- Non restes !!
- Désolé ma rose...
Sans un regard vers la jeune fille, il quitte l'appartement. La brune s’effondre au sol, son petit corps ne supporte pas tout ces émotions.
Ce fut la dernière fois qu'elle le vu.... Après cet « accident » elle fut placé dans un orphelinat. Étant déjà assez âgé elle ne trouva jamais de famille... Elle n'oubliera jamais le loup, son ami, qui l'avait sauvé de son père adoptif... Durant toute la fin de son enfance elle se renferma dans ses livres, elle voulait en apprendre toujours plus sur le monde surnaturel. Elle voulait protéger ceux qui faisait le bien... Pour se faire il fallait qu'elle s’instruise, il fallait qu'elle s’entraîne autant mentalement que physiquement. A l'âge de 16 ans elle réussit à se faire émanciper, elle se retrouvait seule dans ce monde cruel. Maintenant âgée de 20 ans, elle se sentait de plus en plus seule. Elle devait trouver un nouveau foyer, une nouvelle famille, la ville de Beacon Hills ne cessait de revenir dans son esprit. L’entraînement qu'elle s'était infligée ne lui suffisait plus... Elle devait aller sur le terrain... Il était temps qu'elle protège ces êtres surnaturels qui étaient constamment chassés. C'était son devoir, elle pourrait mourir pour l'accomplir.